18.05.2009

Aimer

" Aimer sans savoir qui l'on aime,
aimer sans savoir pourquoi l'on aime.
Aimer en faisant de celui que l'on aime celui qui nous brûle
avant qu'il ne soit lui-même brûlé par l'Amour. "

Ces paroles me sont venues très jeune. Je devais avoir un peu plus de 2O ans. Elles résument la quête de toute ma vie : qu'est-ce qu'aimer ?

L'amour est un feu qui brûle le particulier pour nous ramener non pas à un sentiment que nous éprouverions pour quelqu'un mais à la Nature même de ce que nous sommes.

L'amour est embrasement de tout ce qui voudrait l'enfermer dans une histoire personnelle.

L'amour est intimement lié à la connaissance de soi. Me connaître, c'est noyer toutes mes revendications personnelles par rapport à l'amour à la fontaine du silence et brûler soudain d'un amour sans cause, sans objet, qui me fait sortir de la dualité d'un toi et d'un moi et me ressuscite à l'amour-connaissance que je suis. Me connaître, c'est naître amour, c'est naître à ce que je suis dans un temps aboli.

Abolition de tout savoir me concernant et me retrouver inconnu à moi-même.
Abolition de toute attente, de tout espoir vis-à-vis de qui ou de quoi que ce soit et me retrouver dans la nouveauté de l'instant présent, vierge de tout désir.

L'amour passe par l'anéantissement de toutes les croyances me concernant.
L'amour est intimement lié à la mort de "ma" vie.
Donner ma vie et tout ce qui me donne une identité dans le temps, c'est ressusciter la Vie saturée de silence qui n'appartient à personne.

Alors, vivre, c'est mourir d'instant en instant. C'est voir simplement le vieux réflexe de se prendre pour quelqu'un et le laisser brûler dans le feu du regard de l'amour qui ne se révèle qu'à celui qui est prêt à mourir de son vivant à toutes les représentations mentales qui l'enferment dans le temps et l'empêchent d'être Amour.

24.04.2009

Effort ou lâcher-prise

On pourrait peut-être dire que les nombreux efforts entrepris dans le temps finissent un jour par lâcher prise dans l'instant et à disparaître dans le silence naturel de la conscience. Ce qui ne les rend pas totalement illusoires.
Mais je parlerai plutôt d'un état d'urgence que d'effort ou de lâcher-prise.

L'état d'urgence place l'être dans une attention spontanée à ce qui est. Il le place aussi dans le lieu du coeur où brûle une intensité de vie, une intensité d'amour. Il n'y a plus alors le sens de faire un effort, car qui fait l'effort sinon une pseudo-entité née de la pensée qui voile la "détente" innée de l'être véritable. Tout ce qui s'efforce vers quelque chose m'éloigne de ce que je suis qui est absence de tout mouvement dans le temps.

Le lâcher-prise ne peut être que la conséquence de ce retour à ma vraie Nature qui est Présence silencieuse ici et jamais ailleurs. Ce qui lâche prise dans ce cas, ce sont les mémoires, les réflexes de se croire quelqu'un, les constructions mentales qui ont laissé une empreinte dans le corps. Cela lâche naturellement sans personne pour lâcher quoi que ce soit. Personne ne peut lâcher prise car se prendre pour quelqu'un est la crispation même qui voile ce que je suis. Cela lâche prise parce qu'il n'y a plus d'effort dans aucune direction. Il y a Non-Agir total et personne pour ne pas agir.
C'est le retour au Rien, à l'absence de toute saisie sur quelqu'un, quelque chose, quelque part.

L'effort, le lâcher-prise appartiennent au domaine de ce que je ne suis pas.
VOIR ce que je ne suis pas, c'est être libre de toute intention particulière et mettre fin instantanément à tout effort personnel.
Voir, comme le dit Krishnamurti, c'est agir. Et dans ce cas, il n'y a pas de moi qui agis. C'est le Voir-Non-agir de l'être qui n'est plus ni quelqu'un ni quelque chose qui met fin instantanément au jeu fascinant et illusoire du mental pensant.

La question pourrait être celle-ci : qu'est-ce qui empêche de vivre en état d'urgence ?
Qu'est-ce qui empêche d'être la passion même de la vie ? le mot passion étant vu comme un passage, une traversée initiatique qui me ramène à ma vraie nature.
Ce qui voile la passion, ce sont toutes les fausses identités qui perdurent dans le temps, qui ont besoin du temps pour exister. Tant que j'ai une identité dans le temps, je vis dans l'oubli de ce que je suis.

Lâcher tout ce que je ne suis pas et qui se rattache au temps libère le feu de l'être qui est passion et fait de l'homme un "passant".
Etre passant est l'état naturel de l'homme qui n'a plus aucune identité, aucune attache, aucun lieu en ce monde où s'appuyer.
Etre passant, c'est brûler de passion pour la vie même et la laisser oeuvrer au coeur même du corps humain pour le libérer du poids des mémoires qui emprisonnent la lumière dans les cellules...

01.03.2009

Retrouvailles

Dans le maintenant de notre Etre,
il n'y a plus ni toi ni moi.
Il n'y a que l'Amour.
La plénitude d'une Présence infinie :
les retrouvailles de l'Un
dans la demeure du coeur humain.

30.01.2009

Etat d'urgence

 

Etre en état d'urgence, c'est comme si on allait mourir maintenant. C'est faire face à son propre anéantissement. C'est mourir de son vivant.
Peut-être est-ce un manque de passion dans notre vie qui nous empêche d'être ce que nous sommes.

Vivre dans la passion, c'est ne rien retenir, ne s'accrocher à rien, ni aux choses, ni aux êtres, ni aux idées. C'est être un passant qui est incapable de s'attacher à qui ou quoi que ce soit. C'est ne rien cultiver mais plutôt se savoir intimement sans histoire, sans espoir, sans passé ni avenir.

C'est s'appuyer sur le vide et vivre dans la Nudité originelle de son être où rien ne se sait, rien ne se désire, rien ne se gagne ni ne se perd mais où règne en maître le son du silence, l'arrière plan silencieux où l'idée d'être une personne n'existe pas.

10.01.2009

Il y a

Il y a eu les jours arides, les jours austères,
où le coeur enténébré semblait prisonnier d'une nuit obscure.
Enténébré de désirs, d'attentes,
enténébré par la lassitude de vivre.

Il y a eu les jours de pratique intense,
les jours où sans l'effort la vie devenait vide,
devenait creuse, devenait vaine.

Il y a eu... et maintenant il n'y a plus.

Il y a la Vie...
Il y a l'Amour qui, sans effort,
chante dans un coeur
devenu inconnu à lui-même.

Il n'y a plus de nuit,
il n'y a que du soleil
dans une âme insaisissable
sur un chemin toujours nouveau
qui s'invente à chaque instant.

Que de la joie qui chante
l'écho du silence.

Silence qui fait jaillir spontanément des paroles de vie.
Silence au sein duquel celle qui faisait tant d'efforts n'est plus.

Il n'y a plus de voie,
plus de souci du lendemain,
il n'y a plus de temps, de peur,
plus de soif d'un ailleurs.

Il n'y a rien qui puisse s'expliquer,
se savoir.
Il n'y a rien qui puisse être désiré,
saisi ni même atteint.

Il n'y a rien qu'un coeur insondable
qui chante la vie sans comprendre,
pour rien.

La Vie est étrange.
Tout lâcher pour Elle,
c'est se retrouver Elle,
sans nom, sans identité,
sans croyance ni savoir.

La vie est un mystère
où toi et moi n'existent pas !
Car là où nous ne sommes pas est la Vie,
là où nous ne sommes pas est l'Amour.

Nous sommes la Vie, l'Amour.
Nous sommes le Seul
qui se conjugue à l'infini de Lui-même
à la fois partout et nulle part.

24.12.2008

L'Enfant divin

Mourir à toutes les pensées
qui nourrissent une entité mentale fictive
pour que vive à chaque instant l'Enfant divin,
le Vivant nouveau-né
riche d'un Verbe sans cesse renouvelé...

La Vie nue est l'Un vivant
qui habite la demeure de tous les coeurs...

03.11.2008

Le secret du Vivant

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Quand le silence est vécu comme l'étoffe de mon être, la vie devient simple, libérée du drame, de mon histoire personnelle.

Quand le silence est vécu comme le son de mon être, il n'y a plus de question, plus de recherche.
Il y a la parole ou le chant qui viennent sans qu'il y ait quelqu'un pour se les approprier.
C'est parce que rien n'est la propriété de qui que ce soit que la vie peut s'exprimer pleinement à travers l'homme.

Et quand je dis "je", ce "je" est indéfinissable, intemporel, sans identité, sans passé ni futur. Ce "je" est mon abîme, mon mystère, mon amour, ma joie, ma vie.
Il est ton "je" aussi, qui, mystérieusement, s'exprime différemment, d'une façon unique et originale.

Mourir au savoir, c'est permettre à la vie de s'inventer, de se chanter d'une façon inédite, dans l'instant vierge de toute mémoire.
Ne rien retenir. Laisser passer. Ne pas s'accrocher aux idées, aux compréhensions. Vivre dans un "mourir" permanent.
Tel est le secret du Vivant, le secret du Pur Amour.

31.10.2008

De l'effort au non-effort

Il y a eu les jours arides, les jours austères,
où le coeur enténébré semblait prisonnier d'une nuit obscure.
Enténébré de désirs, d'attentes,
enténébré par la lassitude de vivre.

Il y a eu les jours de pratique intense,
les jours où sans l'effort la vie devenait vide,
devenait creuse, devenait vaine.

Il y a eu... et maintenant il n'y a plus.

Il y a la Vie...
Il y a l'Amour qui, sans effort,
chante dans un coeur
devenu inconnu à lui-même.

Il n'y a plus de nuit,
il n'y a que du soleil
dans une âme insaisissable
sur un chemin toujours nouveau
qui s'invente à chaque instant.

Que de la joie qui chante
l'écho du silence.

Silence qui fait jaillir spontanément des paroles de vie.
Silence au sein duquel celle qui faisait tant d'efforts n'est plus.

Il n'y a plus de voie,
plus de souci du lendemain,
il n'y a plus de temps, de peur,
plus de soif d'un ailleurs.

Il n'y a rien qui puisse s'expliquer,
se savoir.
Il n'y a rien qui puisse être désiré,
saisi ni même atteint.

Il n'y a rien qu'un coeur insondable
qui chante la vie sans comprendre,
pour rien.

La Vie est étrange.
Tout lâcher pour Elle,
c'est se retrouver Elle,
sans nom, sans identité,
sans croyance ni savoir.

La vie est un mystère
où toi et moi n'existent pas !
Car là où nous ne sommes pas est la Vie,
là où nous ne sommes pas est l'Amour.

Nous sommes la Vie, l'Amour.
Nous sommes le Seul
qui se conjugue à l'infini de Lui-même
à la fois partout et nulle part.

16.10.2008

Qu'est-ce qui t'empêche ?

Qu'est-ce qui t'empêche de naître à ce que tu es ?
Qu'est-ce qui t'empêche de chanter la vie,
de chanter l'amour que tu es ?

Qu'est-ce qui t'empêche de t'aimer ?
Qu'est-ce qui t'empêche d'être ce que tu es ?

Rien n'empêche, en vérité.
Aucun obstacle à l'horizon de maintenant.
Maintenant est le secret de la délivrance
de tout ce que tu n'es pas,
de tout ce qui t'enferme dans un scénario dans le temps.

Maintenant est le "sésame, ouvre-toi" qui ouvre ton coeur
à l'amour immense que tu es.
Maintenant est le mantra de la vie éternelle
où la souffrance n'existe pas.

Qu'est-ce qui t'empêche de chanter avec moi,
de jouer avec moi
au jeu de l'amour et de la coïncidence,
au jeu de la vie et de la mort ?

Mourir d'amour.
Mourir de vivre,
Mourir d'être.

Je meurs d'amour.
Je meurs au temps
pour renaître d'instant en instant à ce que je suis.
Je meurs avec toi, maintenant.

N'aie pas peur.
Nous sommes sur le point toi et moi
de ne plus savoir qui nous sommes,
de rejoindre notre bienheureuse incertitude.

Perdre tout repère de nous-mêmes est bon signe, crois-moi.
Le signe que nous sommes en train de perdre pied.
Le signe certain de nos retrouvailles dans l'Inconnu.

N'ayons pas peur du mot "vide".
N'ayons peur de rien.
Au coeur du vide est l'extase d'amour
d'où l'on revient toujours VIVANT !

A maintenant, ô Vie inconnue,
suspendus dans le vide,
en toute sérénité.

13.10.2008

Passion

Quand ta passion devient
la passion de la Vie en toi,
la passion des sens devient
la passion de l'Essence.

Tout se remet en ordre.
Les sens retournent à l'Essence.
Le désir retourne à l'Amour, sa patrie de toujours.
Le besoin de posséder, de jouir
se transforme en une célébration de l'Essence
à travers des sens imprégnés de Sa Lumière,
de Son Amour, de Sa Joie.

Plus rien ni personne à saisir.
L'Essence de la vie se rencontre partout
dans le toucher subtil
d'un coeur à coeur,
d'un corps à corps,
d'un esprit à esprit
devenus les expressions extatiques et silencieuses
d'un Amour incorruptible.

 


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