30.11.2009

Aspiration

Le silence, intemporelle vibration de notre Être,
nous aspire irrésistiblement vers le mystère de la vie
où plus rien de nous ne peut être défini ou saisi
et où nous nous vivons comme une éternelle question sans réponse.

16.11.2009

Mon intime évidence

Quand j'emploie le mot "âme", je pourrais aussi bien employer le mot "Moi" ou "mon intime évidence", ce qui est vivant, vibrant et qui ne sait jamais rien d'avance.

Un Moi qui se laisse inspirer par l'instant : l'instant unique d'une rencontre comme celle avec toi, par-delà les distances.

Un Moi qui se laisse inspirer par l'écoute de l'autre, tel qu'il se présente, tel qu'il s'exprime. Une écoute derrière les mots. Oui, sentir, goûter cet autre, sans résister à ce qu'il dit.

Ce Moi que je suis dans mon intimité n'est pas rattaché à une histoire personnelle. C'est ainsi que je le vis profondément. Et c'est un délice d'être !

Ce Moi ne peut être appréhendé par la pensée ; mais à travers ce Moi peut s'exprimer un Penser vivant, créateur, né du silence, qui n'est pas la pensée réactive rattachée à l'idée d'être quelqu'un identifié au corps et qui a accumulé du savoir tout le long de son existence.

Les mots séparent... Voilà pourquoi je sens le langage poétique "paradoxal" plus approprié pour suggérer le mystère insondable que nous sommes.

Ce Moi n'est pas savant : il ne peut expliquer ce qu'est l'Esprit, l'âme, Dieu...Il ne peut que partager un élan du coeur spontané, un chant inattendu, improvisé, venu tout droit du silence.

Ce Moi ne se sent pas de taille à discuter, à manier des concepts. Car ce Moi ne sait rien. Il est vide de toute certitude, de toute croyance, de toute adhésion à un quelconque mouvement spirituel. Ce Moi est un souffle de liberté. Une respiration au grand large de l'Inconnu.

Mais ce Moi-là est profondément un avec toi.

Cela, c'est son intime évidence : que seul l'amour est notre ultime réalité.

09.11.2009

Le Parler de l'Être

Parlons enfin la langue inattendue,
toujours nouvelle,
de notre Être intemporel.

Parlons enfin la langue du coeur innocent,
d'un coeur qui ne sait pas,
mais qui boit à chaque instant
à la coupe du silence...

02.11.2009

La vie se met à chanter

La vie se met à chanter
quand mon histoire personnelle s'en va en lambeaux.
Lambeaux de chagrin, lambeaux de tragédie
qui se dissolvent dans le silence,
se volatilisent dans mon absence.

La vie se met à inventer des poèmes
quand le roman de mon existence n'a plus aucune importance,
et que je ne le qualifie plus de bon ou de mauvais.

Quand je cesse de mentaliser mon existence,
la vie explose dans mon coeur
et y exprime un amour
qui est la saveur de mon être véritable,
au-delà de l'espace et du temps.

Quand le silence est le souverain du coeur, du mental et du corps, souverain-maître d'une vie qui n'appartient plus à quelqu'un mais à la vie même,
quand la vie s'appartient elle-même,
quand l'amour se saisit lui-même,
alors, il n'y a plus rien à dire...
N'existe plus que le jaillissement de la parole de Vie
dans un coeur-offrande, un mental-canal
et un corps tissé d'espace.

28.06.2009

L'Impérissable

L'Impérissable n'est pas une abstraction de la pensée raisonnante.
Il a le son infini du silence, le son de mon absence où je suis incapable de me vivre identifié à la forme périssable de la pensée, de l'émotion et du corps.

Qui se noie dans ce silence ne peut plus se vivre comme avant.
L'Impérissable a le son inaudible d'une Présence d'amour dans laquelle se dissout tout ce que je pense de "moi" : tous les jugements en bien ou en mal, toutes les opinions, toutes les croyances qui m'enferment dans une identité personnelle.

L'impérissable silence me ramène chez moi, là où je ne peux plus me saisir, me définir et où le temps n'existe pas.

Vivre à partir du silence, c'est ne plus rien savoir mais laisser le coeur inventer le langage toujours nouveau d'un intemporel amour qui se reconnaît et se goûte partout à travers la création tout entière.

25.06.2009

La grâce de vivre

Seules les images du passé
voilent notre transparente Beauté.

Au coeur du temps :
que de drames, de joutes oratoires, d'opinions,
de pensées exilées du silence.
Pensées piégées dans le filet de nos fausses identités.

Au coeur de l'instant, la grâce !
La grâce de vivre ce que nous sommes
et de laisser planer sur nos visages de ce monde
le sourire et la parole de vie de notre être insaisissable.

22.06.2009

Heureux les pauvres en esprit

Où est la guerre ?
Où est la division ?
Sinon au sein de nos croyances.

La croyance renforce l'illusion d'un croyant qui se croit vite investi d'une mission salvatrice.

Où est le bien ?
Où est le mal ?
Où est le pur ?
Où est l'impur ?
Où est l'ennemi ?
Quand je ne suis plus divisé en moi-même.

Quand mes multiples "moi" se font la guerre
à l'intérieur de moi,
je vois des milliers d'ennemis à abattre
à l'extérieur de moi.

Quand je suis un véritable Individu (non-divisé),
la vision séparatrice disparaît
et mon regard n'est plus qu'accueil inconditionnel
de ce qui est,
sans avoir à défendre un point de vue
ou une opinion personnels.

Heureux les pauvres en esprit,
ceux qui ne savent plus rien,
ceux qui ne croient plus en rien,
car ils ont retrouvé la vue :
le regard pur, innocent, non-mental
de leur être véritable.

12.06.2009

Il n'y a pas de quoi

Plus je me cherche,
plus je m'éloigne de ce que Je suis.

Plus je fais des efforts pour atteindre l'Inaccessible,
plus je m'égare.

Je me divise dès que je cherche l'Unité.

Je me trouble dès que je cherche la Paix.

Alors quoi !

Il n'y a pas de quoi ni de qui,
pas de nom, pas de croyance,
au sein de mon Être.

Il y a le son d'un silence éternel
qui anéantit l'existence du Mental
et toutes ses prétentions à vouloir trouver...
l'Introuvable.

09.06.2009

Toi

Toi qui appartiens à mon mystère,
tu sors de tous les romans de ma vie.
Tu ne figures pas dans mon livre d'histoire.

Impossible de te trouver quelque part.
Tu vis en secret dans la demeure de mon coeur,
comme l'étranger bien-aimé,
qui m'enseigne en silence
l'union de l'Amour, de l'Amant et de l'Aimé.

06.06.2009

Gratitude

Quand il n'y a plus rien à dire,
plus de questions.
Que la réponse est ce que je suis.

Quand il n'y a plus rien,
rien qu'un silence immense,
vibration de l'Insaisissable.

Alors... ce n'est plus le temps
d'un quelqu'un ou d'un quelque chose,
d'un toi et d'un moi.

C'est l'heure inattendue d'un amour-présence,
d'un amour-feu qui brûle d'instant en instant
tout ce qui n'est pas Lui.

Et d'un coeur ardent
qui n'aspire qu'à brûler
jaillit la gratitude.

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