27.04.2009

Résonance


Chacun(e) d'entre nous
est une résonance unique,
originale de l'Inaudible.
Une icône du silence
qui fait chanter le silence...

26.04.2009

L'Heure

Quand plus aucun mets ne me rassasie,
que plus aucune boisson ne me désaltère,
et que tous les désirs me laissent vide,
dans la nostalgie douloureuse d'autre chose,
je suis alors arrivé au bout de l'impasse
de ce que je croyais être moi-même.

C'est l'heure soudain de l'ultime aspiration vers ce que Je suis
qui ne dépend pas des circonstances agréables ou pénibles.
C'est l'heure où je me sens perdu,
où le monde et tout ce qu'il m'offre
est comme noyé dans une profonde lassitude.
Une lassitude qui a la saveur d'un appel
vers un Amour tout autre.
Un Amour infini qui me désaltère, me nourrit enfin.
Un Amour qui a le goût de ce que Je suis.
Un Amour qui me révèle que je suis ma propre faim,
ma propre soif, un Fond insondable où je suis incapable
de me saisir, de me définir
et où la peur de mourir n'existe pas.

La peur de la mort vient de l'attachement
à mes innombrables identités qui appartiennent à ce monde.
Mais ce que Je suis n'appartient pas à ce monde.
L'étoffe de mon être est une Paix immuable
au sein de laquelle respire un Amour sans objet
et où mourir à chaque instant à ce qui me traverse,
c'est être intensément VIVANT de cette Vie
qui ne connaît pas la mort.

Quelle grâce, ami, de ressentir ce manque.
Le manque est le signe d'une soif authentique.
Le signe que je suis encore vivant
et que je ne vis pas comme un mort parmi les morts...

La mort n'est pas ce que l'on croit.
Cette vie de distractions où je passe d'un plaisir à un autre
est une mort pour celui qui est vivant.

La vraie Vie est ce que Je suis : pure vacuité.
Je suis la Vie nue qui ne repose sur rien ni personne.
Je suis comblé par mon propre Fond,
rempli d'un Amour sans cause,
reposant sur moi-même
qui n'est rien de ce que peut penser la pensée.

Je suis ce Moi impensable,
qui n'appartient à personne
et à travers lequel sonne le Verbe créateur.

Ce Moi, c'est toi, ami,
maintenant ou jamais.

24.04.2009

Effort ou lâcher-prise

On pourrait peut-être dire que les nombreux efforts entrepris dans le temps finissent un jour par lâcher prise dans l'instant et à disparaître dans le silence naturel de la conscience. Ce qui ne les rend pas totalement illusoires.
Mais je parlerai plutôt d'un état d'urgence que d'effort ou de lâcher-prise.

L'état d'urgence place l'être dans une attention spontanée à ce qui est. Il le place aussi dans le lieu du coeur où brûle une intensité de vie, une intensité d'amour. Il n'y a plus alors le sens de faire un effort, car qui fait l'effort sinon une pseudo-entité née de la pensée qui voile la "détente" innée de l'être véritable. Tout ce qui s'efforce vers quelque chose m'éloigne de ce que je suis qui est absence de tout mouvement dans le temps.

Le lâcher-prise ne peut être que la conséquence de ce retour à ma vraie Nature qui est Présence silencieuse ici et jamais ailleurs. Ce qui lâche prise dans ce cas, ce sont les mémoires, les réflexes de se croire quelqu'un, les constructions mentales qui ont laissé une empreinte dans le corps. Cela lâche naturellement sans personne pour lâcher quoi que ce soit. Personne ne peut lâcher prise car se prendre pour quelqu'un est la crispation même qui voile ce que je suis. Cela lâche prise parce qu'il n'y a plus d'effort dans aucune direction. Il y a Non-Agir total et personne pour ne pas agir.
C'est le retour au Rien, à l'absence de toute saisie sur quelqu'un, quelque chose, quelque part.

L'effort, le lâcher-prise appartiennent au domaine de ce que je ne suis pas.
VOIR ce que je ne suis pas, c'est être libre de toute intention particulière et mettre fin instantanément à tout effort personnel.
Voir, comme le dit Krishnamurti, c'est agir. Et dans ce cas, il n'y a pas de moi qui agis. C'est le Voir-Non-agir de l'être qui n'est plus ni quelqu'un ni quelque chose qui met fin instantanément au jeu fascinant et illusoire du mental pensant.

La question pourrait être celle-ci : qu'est-ce qui empêche de vivre en état d'urgence ?
Qu'est-ce qui empêche d'être la passion même de la vie ? le mot passion étant vu comme un passage, une traversée initiatique qui me ramène à ma vraie nature.
Ce qui voile la passion, ce sont toutes les fausses identités qui perdurent dans le temps, qui ont besoin du temps pour exister. Tant que j'ai une identité dans le temps, je vis dans l'oubli de ce que je suis.

Lâcher tout ce que je ne suis pas et qui se rattache au temps libère le feu de l'être qui est passion et fait de l'homme un "passant".
Etre passant est l'état naturel de l'homme qui n'a plus aucune identité, aucune attache, aucun lieu en ce monde où s'appuyer.
Etre passant, c'est brûler de passion pour la vie même et la laisser oeuvrer au coeur même du corps humain pour le libérer du poids des mémoires qui emprisonnent la lumière dans les cellules...