30.04.2009

Déguisement

Nous jouons tous à nous déguiser en un toi et un moi,
nous qui, dans notre ultime réalité,
n'avons rien sur quoi nous reposer :
aucune identité, aucune histoire,
aucun savoir, aucun passé, aucun avenir...

Nous qui ne sommes rien,
rien qu'un songe évanescent,
un sourire,
un éclat de rire,
qui bientôt s'effacent,
sans laisser de trace,
dans notre immuable vacuité.

27.04.2009

Résonance


Chacun(e) d'entre nous
est une résonance unique,
originale de l'Inaudible.
Une icône du silence
qui fait chanter le silence...

26.04.2009

L'Heure

Quand plus aucun mets ne me rassasie,
que plus aucune boisson ne me désaltère,
et que tous les désirs me laissent vide,
dans la nostalgie douloureuse d'autre chose,
je suis alors arrivé au bout de l'impasse
de ce que je croyais être moi-même.

C'est l'heure soudain de l'ultime aspiration vers ce que Je suis
qui ne dépend pas des circonstances agréables ou pénibles.
C'est l'heure où je me sens perdu,
où le monde et tout ce qu'il m'offre
est comme noyé dans une profonde lassitude.
Une lassitude qui a la saveur d'un appel
vers un Amour tout autre.
Un Amour infini qui me désaltère, me nourrit enfin.
Un Amour qui a le goût de ce que Je suis.
Un Amour qui me révèle que je suis ma propre faim,
ma propre soif, un Fond insondable où je suis incapable
de me saisir, de me définir
et où la peur de mourir n'existe pas.

La peur de la mort vient de l'attachement
à mes innombrables identités qui appartiennent à ce monde.
Mais ce que Je suis n'appartient pas à ce monde.
L'étoffe de mon être est une Paix immuable
au sein de laquelle respire un Amour sans objet
et où mourir à chaque instant à ce qui me traverse,
c'est être intensément VIVANT de cette Vie
qui ne connaît pas la mort.

Quelle grâce, ami, de ressentir ce manque.
Le manque est le signe d'une soif authentique.
Le signe que je suis encore vivant
et que je ne vis pas comme un mort parmi les morts...

La mort n'est pas ce que l'on croit.
Cette vie de distractions où je passe d'un plaisir à un autre
est une mort pour celui qui est vivant.

La vraie Vie est ce que Je suis : pure vacuité.
Je suis la Vie nue qui ne repose sur rien ni personne.
Je suis comblé par mon propre Fond,
rempli d'un Amour sans cause,
reposant sur moi-même
qui n'est rien de ce que peut penser la pensée.

Je suis ce Moi impensable,
qui n'appartient à personne
et à travers lequel sonne le Verbe créateur.

Ce Moi, c'est toi, ami,
maintenant ou jamais.

24.04.2009

Effort ou lâcher-prise

On pourrait peut-être dire que les nombreux efforts entrepris dans le temps finissent un jour par lâcher prise dans l'instant et à disparaître dans le silence naturel de la conscience. Ce qui ne les rend pas totalement illusoires.
Mais je parlerai plutôt d'un état d'urgence que d'effort ou de lâcher-prise.

L'état d'urgence place l'être dans une attention spontanée à ce qui est. Il le place aussi dans le lieu du coeur où brûle une intensité de vie, une intensité d'amour. Il n'y a plus alors le sens de faire un effort, car qui fait l'effort sinon une pseudo-entité née de la pensée qui voile la "détente" innée de l'être véritable. Tout ce qui s'efforce vers quelque chose m'éloigne de ce que je suis qui est absence de tout mouvement dans le temps.

Le lâcher-prise ne peut être que la conséquence de ce retour à ma vraie Nature qui est Présence silencieuse ici et jamais ailleurs. Ce qui lâche prise dans ce cas, ce sont les mémoires, les réflexes de se croire quelqu'un, les constructions mentales qui ont laissé une empreinte dans le corps. Cela lâche naturellement sans personne pour lâcher quoi que ce soit. Personne ne peut lâcher prise car se prendre pour quelqu'un est la crispation même qui voile ce que je suis. Cela lâche prise parce qu'il n'y a plus d'effort dans aucune direction. Il y a Non-Agir total et personne pour ne pas agir.
C'est le retour au Rien, à l'absence de toute saisie sur quelqu'un, quelque chose, quelque part.

L'effort, le lâcher-prise appartiennent au domaine de ce que je ne suis pas.
VOIR ce que je ne suis pas, c'est être libre de toute intention particulière et mettre fin instantanément à tout effort personnel.
Voir, comme le dit Krishnamurti, c'est agir. Et dans ce cas, il n'y a pas de moi qui agis. C'est le Voir-Non-agir de l'être qui n'est plus ni quelqu'un ni quelque chose qui met fin instantanément au jeu fascinant et illusoire du mental pensant.

La question pourrait être celle-ci : qu'est-ce qui empêche de vivre en état d'urgence ?
Qu'est-ce qui empêche d'être la passion même de la vie ? le mot passion étant vu comme un passage, une traversée initiatique qui me ramène à ma vraie nature.
Ce qui voile la passion, ce sont toutes les fausses identités qui perdurent dans le temps, qui ont besoin du temps pour exister. Tant que j'ai une identité dans le temps, je vis dans l'oubli de ce que je suis.

Lâcher tout ce que je ne suis pas et qui se rattache au temps libère le feu de l'être qui est passion et fait de l'homme un "passant".
Etre passant est l'état naturel de l'homme qui n'a plus aucune identité, aucune attache, aucun lieu en ce monde où s'appuyer.
Etre passant, c'est brûler de passion pour la vie même et la laisser oeuvrer au coeur même du corps humain pour le libérer du poids des mémoires qui emprisonnent la lumière dans les cellules...

21.04.2009

Chez moi

C'est en mon absence
que je suis rentrée chez moi :
dans la chapelle ardente de mon coeur,
pour naître Toi, Amour,
sans plus rien connaître de moi.

18.04.2009

D'âme à âme

L'évidence de l'amour
qui fleurit dans le coeur
crée un lien éternel
d'âme à âme.
Un lien qui n'attache pas.
Un lien qui est comme une main
qui s'offre dans le vide.

La main du coeur ne tente pas de saisir une autre main.
Elle est comme le battement d'aile d'un être épris de vertige
qui s'élance dans l'évidence d'une rencontre
où rien ni personne ne peut être saisi.

Lien empli de mystère.
Plénitude d'un coeur vide de toute attente.
Don de la vie à la vie sans rien demander.

16.04.2009

Sortir

Sortir du temps, du devenir,
c'est sortir de "moi",
du connu de mon histoire personnelle,
et laisser s'inventer d'instant en instant
la voie (ou la voix) du coeur d'amour
que je suis depuis toujours.

14.04.2009

Nul ne le sait

J'ai été jusqu'au bout de ce que je croyais être.

J'ai été jusqu'au bout de ce que je ne suis pas.

J'ai cru par la pensée être quelqu'un
dépendant de maintes choses.

Ce que je suis n'a aucun lien
avec ce que je croyais être.

Ce que je suis n'a aucun rapport avec la pensée,
aucun rapport avec l'ancien qui s'est bâti sur le temps.

Ce que je suis, nul ne le sait.
Nul ne peut le saisir.
Nul ne peut le rattacher au temps.

Ce que je suis s'éprouve Amour infini
totalement étranger au temps d'un moi limité,
produit de la pensée.

10.04.2009

L'âme

L'âme, c'est le parfum de la vie, un chant original qui naît d'un coeur déserté par la peur, déserté par le temps.

L'âme est la spontanéité, la simplicité même de la vie.
L'âme, c'est mon être original, unique, sans histoire personnelle, un avec tous les êtres également uniques, porteur d'une vie qui ne se répète jamais, car libre d'hier et de demain et qui exprime un son, une vibration originale provenant de la source : Dieu, l'Amour ou la Vie, qu'importe le nom qu'on lui donne.

L'âme, c'est la parole de vie qui naît du silence. L'âme s'abreuve au silence. L'âme baigne dans le silence éternel de la vie. L'âme est partage, à partir du silence, d'une parole vivifiante qui chante.

L'âme, c'est aussi ce qui est libre, à jamais incorruptible. L'âme est le maître de la nature humaine : du corps, du coeur et du mental. L'âme n'est pas possédée par ses instruments de manifestation alors que l'ego, le pseudo-ego né du temps, est dépendant et esclave de la nature humaine : prisonnier de la pensée, du désir, dépendant du corps pour jouir de la vie.

L'âme ne dépend pas du corps pour éprouver de la joie. Sa nature même est Joie. Joie sans objet alors que la nature de l'ego est plaisir dépendant d'un objet, dépendant d'un corps.

L'âme est une avec la vie, avec Dieu qui est Joie. Une et pourtant elle a une relation unique avec la source : "Mon Père et moi sommes Un" et pourtant le Fils (l'âme que je suis) n'est pas le Père. L'âme n'est pas Dieu mais elle est Une avec Lui. Voilà un bien grand mystère à vivre sur lequel il est impossible de discourir mentalement.

Nous sommes Un et en même temps différents dans l'unité. Différents dans l'expression de l'âme, dans l'expression de la vie, du Divin, mais le même Un en essence. L'Un qui est Amour alors qu'être différents dans l'ego, c'est être séparativité et tentative d'union d'objet à objet vouée à l'échec.

Nous ne sommes qu'Amour dans une relation toujours différente les uns avec les autres. L'Un seul dans une multiplicité infinie d'expressions de Son âme unique...

Quel miracle ! ne trouvez-vous pas ?

08.04.2009

Nouveau-Né

Dans la demeure de ton Être,
ni le passé ni le futur
ne peuvent entrer :
tu y es à jamais
l'Enfant nouveau-né.

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