26.04.2009
L'Heure
Quand plus aucun mets ne me rassasie,
que plus aucune boisson ne me désaltère,
et que tous les désirs me laissent vide,
dans la nostalgie douloureuse d'autre chose,
je suis alors arrivé au bout de l'impasse
de ce que je croyais être moi-même.
C'est l'heure soudain de l'ultime aspiration vers ce que Je suis
qui ne dépend pas des circonstances agréables ou pénibles.
C'est l'heure où je me sens perdu,
où le monde et tout ce qu'il m'offre
est comme noyé dans une profonde lassitude.
Une lassitude qui a la saveur d'un appel
vers un Amour tout autre.
Un Amour infini qui me désaltère, me nourrit enfin.
Un Amour qui a le goût de ce que Je suis.
Un Amour qui me révèle que je suis ma propre faim,
ma propre soif, un Fond insondable où je suis incapable
de me saisir, de me définir
et où la peur de mourir n'existe pas.
La peur de la mort vient de l'attachement
à mes innombrables identités qui appartiennent à ce monde.
Mais ce que Je suis n'appartient pas à ce monde.
L'étoffe de mon être est une Paix immuable
au sein de laquelle respire un Amour sans objet
et où mourir à chaque instant à ce qui me traverse,
c'est être intensément VIVANT de cette Vie
qui ne connaît pas la mort.
Quelle grâce, ami, de ressentir ce manque.
Le manque est le signe d'une soif authentique.
Le signe que je suis encore vivant
et que je ne vis pas comme un mort parmi les morts...
La mort n'est pas ce que l'on croit.
Cette vie de distractions où je passe d'un plaisir à un autre
est une mort pour celui qui est vivant.
La vraie Vie est ce que Je suis : pure vacuité.
Je suis la Vie nue qui ne repose sur rien ni personne.
Je suis comblé par mon propre Fond,
rempli d'un Amour sans cause,
reposant sur moi-même
qui n'est rien de ce que peut penser la pensée.
Je suis ce Moi impensable,
qui n'appartient à personne
et à travers lequel sonne le Verbe créateur.
Ce Moi, c'est toi, ami,
maintenant ou jamais.
21:21 Publié dans Murmures du silence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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