30.09.2008

Je passe

Je n'ai pas peur de ce que je crois être.
Je n'ai pas peur de "ma" peur.
Je n'ai pas peur de "mon" chagrin.

Je m'apprivoise dans tous mes états d'être.
Je m'accueille.
Je me laisse traverser par tous ces états d'âme
qui me font rire ou pleurer.

Je joue à me prendre pour quelqu'un.
Je me laisse passer.
Je vis et meurs sans cesse.
Je passe...

Je ne me garde pas.
Je ne me retiens pas.
Je passe...

Si bien que je n'ai plus de durée.
Je me recrée sans cesse en mourant à ce qui est.

Je me perds pour me retrouver chaque jour,
toujours nouveau, toujours inconnu.

Je ne sais pas où je suis, qui je suis.
Je m'invente sans cesse en mourant à ce qui est.

Je me laisse simplement traverser.
Je ne me fige pas.
Je ne m'arrête pas.
Je passe...

Ce qui vient s'en va.
Mais, Moi, Je reste.
Insaisissable.
Inqualifiable.
Inchangé au coeur de ce qui change.

Silence.
Présence.
Amour.

 

29.09.2008

Perdre le sens




Quand j'ai conscience d'être quelqu'un, j'invente un sens à ma vie en me projetant dans le temps à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un d'autre qui puisse satisfaire, épanouir, combler ce quelqu'un que je suis.

Quand, un jour de grand bouleversement, je prends soudain conscience que je ne suis rien de tout ce que je croyais être, que ce quelqu'un né du mental n'a pas d'existence en dehors de celle que la pensée veut bien lui donner, le sens d'une vie qui se nourrit du temps s'effondre. Le sens d'une vie basée sur la dualité "moi et l'autre" perd sa cohérence.

L'abolition du temps, c'est comme l'abolition du sens de "ma" vie. L'abolition du temps, c'est faire tomber tous les masques qui donnent l'illusion d'exister dans le hier et le demain.

Perdre le sens de "ma" vie, c'est me retrouver inconnu à moi-même, incapable de prendre appui sur le temps; c'est vivre dans la fraîcheur de chaque instant, tel un nouveau-né, sans savoir, sans pouvoir, comme marchant sur le vide, et pourtant intensément vivant de cette Vie libérée du temps où n'existe plus la croyance mentale d'être quelqu'un ou quelque chose...

28.09.2008

Résurrection

Mourir à l'illusion d'être quelqu'un,
c'est ressusciter la Vie dans le Je Suis.

C'est permettre l'improvisation de la Vie,
la spontanéité de l'Être unique
à travers des millions de coeurs
qui sont, en vérité, Son unique coeur.

Le Maître, c'est la vie quotidienne :
les mensonges, les prétentions,
les résistances de notre nature humaine
au rien que nous sommes.

Retourner au rien,
c'est retrouver notre Totalité insaisissable, incorruptible.
C'est naître à chaque instant à l'inconnu de nous-mêmes.

C'est devenir le chant, l'expression spontanée, originale,
de la Vie libérée d'un moi pris dans les mailles du temps.

27.09.2008

Rappel de soi

C'est étrange... me rappeler ce que je suis,
c'est tout oublier de ce que j'ai été,
c'est perdre la mémoire de cette entité qui s'appelait "moi",
avec un nom, un passé,
et paraît-il.... un avenir.

Me rappeler ce que je suis,
c'est perdre la trace de ce que je croyais être,
c'est devenir amnésique, ne plus rien savoir,
c'est ne plus pouvoir mentaliser une vie
qui ne m'appartient plus
et être incapable de l'enfermer
dans une destinée personnelle.

Me rappeler ce que je suis,
c'est me retrouver soudain la vie même,
la Vie... Fille de l'instant dans un temps aboli.

Me rappeler ce que je suis,
c'est être maintenant et pour toujours
l'Inconnu vibrant d'un amour sans objet.

03.09.2008

La mélodie du Tout Autre

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Les pensées du pseudo-moi sont les mots qui contiennent le noyau du conflit.
Noyau de la guerre entre un moi et un autre.
Noyau empoisonné qui voile la beauté, l'innocence, la fraîcheur de notre être véritable.

Les paroles qui naissent de ce que nous sommes
sont des paroles de vie,
paroles de l'Un.

Parfum original qui s'offre d'un coeur à un autre coeur.

Mélodie du Tout Autre
qui me fait vivre l'autre comme un autre moi-même,
un autre Je au sein de mon unique Je,
un amour à aimer sans conditions
au sein de mon unique Amour.

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